EP 130 : Comment je me suis mise au centre de ma vie en apprenant à poser des limites
La Matrescence16 Juni 2023

EP 130 : Comment je me suis mise au centre de ma vie en apprenant à poser des limites

https://www.memepascap.fr/bilan-competences-mpc?source=MATRESCENCEPODCAST


Bienvenue dans la Matrescence, vous écoutez l’épisode 130 de la saison 5.

Aujourd’hui j’aimerais vous parler de réussir à mettre des limites dans sa propre vie et comment cela change vos interactions avec le monde.

Peut-être que pour vous c’est hyper facile de le faire, mais pour moi qui ai une tendance à vouloir que les gens m’aiment quoiqu’il arrive, décider de dire non dans ma vie privée ou de décevoir les gens, reste extrêmement difficile, parce que ça veut dire rompre le lien.

Pendant toute mon introspection de ces derniers mois, j’ai pris conscience de cette tendance que j’avais : ne pas savoir me protéger pour protéger mes relations.

C’est ma psy qui me l’a expliqué, en premier, au début de ma thérapie, que quand le bien-être de mes enfants était en jeu, je savais tout de suite mettre des limites et les protéger, ma fenêtre de tolérance pour elles est petite et tant mieux. Pour moi, avoir cette attitude avec mes enfants est naturel et je n’y ai jamais réfléchi plus que ça, je me fais confiance et j’écoute mon ressenti.

Mais quand ça me concerne moi, je ne sais plus écouter mon intuition. Ma psy m’a expliqué qu'elle avait rarement vu quelqu’un capable d’encaisser autant. J’étais totalement inconsciente de ce phénomène, puisque pour moi, c’était ma normalité.

Au fil des mes lectures, j’ai découvert le concept de “boundaries” en anglais qu’on traduit par limites. Chaque fois que je lisais un livre qui permettait de m’aider à me comprendre, un chapitre entier y était consacré.

Je ne sais pas pourquoi le mot limite en français me gêne mais je préfère parler de barrière de protection. Parce que c’est exactement le concept. Savoir dire non pour protéger son bien-être, savoir refuser une opportunité pour prioriser sa santé mentale, savoir se libérer d’une relation toxique pour revenir à une stabilité dans sa vie.

Parce que l’enjeu principal derrière ce concept, c’est avoir assez de force et de sérénité, pour considérer qu’on est la personne la plus importante de sa vie…

Si on veut une définition plus académique des limites psychologiques c’est ça : La barrière de protection peut être définie comme les limites que nous fixons avec d'autres personnes, qui indiquent ce que nous trouvons acceptable et inacceptable dans leur comportement envers nous.

Et si t’es comme moi, avec un attachement plutôt anxieux ou préoccupé (si tu veux comprendre ce que c’est tu peux écouter l’épisode 122) et que t’as été élevé dans un climat d’hypervigilance, ben penser que t’es la personne la plus importante, c’est un concept assez flou.

Bien-sûr que je comprends la célèbre métaphore de mettre le masque à oxygène sur soi avant de s’occuper de quelqu’un d’autre sinon on meurt. C’est clair comme de l’eau de roche, mais là, on parle d’une situation extrême. Alors comment ça se passe dans la vie de tous les jours ? Comment on arrive à inverser cette tendance de “people pleasing” pour enfin exprimer qui on est réellement, sans paniquer à l’idée de décevoir ou de faire du mal ?

Ces 2 questions je me les pose tous les jours. Et je pense que c’est le travail d’une vie. Pour certains et certaines, poser des limites c’est un jeu d’enfants, parfois c’est même trop et on n’arrive plus à laisser les gens entrer dans notre intimité, pour d’autres c’est impossible tellement on leur a enseigné que l’amour s’obtient en se sacrifiant.

Et je voudrais revenir sur ce dernier concept qu’on peut mettre en lumière dans une société patriarcale.

On est beaucoup de femmes à se retrouver dans ce cliché du sacrifice pour obtenir de la reconnaissance : parce que le care dans notre société est quasiment entièrement assuré par des femmes. Parce qu’au moment de devenir parents, ce sont les femmes qui se retrouvent dans la posture de caregiver sans réel soutien. Amen pour les 25 jours de congé paternité adoptés en 2021… mais on sait toutes et tous que c’est bien insuffisant pour rééquilibrer la balance.

Et parce que pour nous femmes aujourd’hui, le message envoyé par la société depuis notre enfance reste : ne prends pas trop de place, ne parle pas trop fort et sois une gentille petite fille, on appelle ça le syndrome de la “good girl” en anglais.

Le résultat ? On est conditionnées à vouloir plaire à tout prix, pas que physiquement, c’est encore un autre sujet, mais plaire dans le sens de correspondre aux stéréotypes de genre quitte à se sacrifier. Ne pas parler trop fort, ne pas être en colère, faire plaisir, s’occuper des autres et du foyer.

Si je devais donner un exemple très concret sur ce thème, ça pourrait se résumer à la visite chez le coiffeur. Qui ne s’est jamais retrouvé à sortir de chez son coiffeur, dépitée mais sans avoir osé dire que l’on n’aimait pas ? Moi, ça m’est arrivé plusieurs fois par le passé parce que j’avais peur de dire ce que je pensais sincèrement et d’être claire avec mes envies.

J’ai un autre exemple qui vient de ma personnalité.

Peut-être que vous êtes comme moi, mais personnellement quand j’ai peur de la réaction de quelqu’un en face, au lieu de dire la vérité pleinement, je vais la modifier. Par exemple, si je sais qu’une tâche dans le travail va me prendre beaucoup de temps et que la personne en face a besoin que ce soit fait vite, au lieu d’être claire et de dire, c’est comme, c’est à prendre ou à laisser, je vais volontairement diminuer le temps réel pour faire plaisir à la personne en face. Ca s’appelle du sabotage et du sabotage dans toute sa splendeur, parce que je le sais au fond, que le résultat va frustrer la personne en face, mais sur le moment, je me sens soulagée de voir que la personne va accepter mon deal parce que j’ai voulu lui faire plaisir. Avec du recul je comprends que je me suis construite avec l’idée inconsciente qu’il faut que je fasse plaisir pour que mon niveau d’anxiété baisse, temporairement…

Toutes ces injonctions reçues de manière inconsciente depuis l’enfance nous apprennent à nier nos ressentis et à ne plus savoir dire: ça j’accepte et ça ce n’est pas possible. Évidemment il y a beaucoup d’autres paramètres qui rentrent en compte et numéro 1 la façon dont on a été élevés, mais nier que l’on est très grandement affecté par les stéréotypes de genre qui jalonnent notre vie depuis l’enfance, c’est nier une partie du problème. D’ailleurs je vous invite à écouter l’épisode 102 avec Manuela Spinelli chercheuse qui parle des clichés de genre et des ses conséquences chez les enfants.

Tout ça pour dire que se remettre au centre de sa vie peut être très difficile, tant on ne nous a jamais expliqué comment le faire et implicitement on n’a jamais reçu l’autorisation de le faire.

Donc moi, dans cet épisode, je vous dis : c’est vital, primordial et NORMAL de vous remettre au centre de votre vie, surtout si vous avez des enfants et que comme beaucoup d’entre nous, vous vous êtes oubliées un temps.

Créer sa barrière de protection c’est avant tout considérer qu’on en vaut la peine. C’est se dire que nos besoins sont aussi importants que ceux des autres au sein de notre famille.

Pour les personnes comme moi qui acceptent beaucoup et ont du mal à poser des limites pour leur propre personne, la première chose à faire c’est de comprendre que les adultes autour de nous sont responsables de leurs propres émotions. Ce n’est pas parce que vous agissez de telle ou telle manière, que vous serez responsable de ce qu’il va se passer chez eux. Ça a été une découverte chez moi.

Je vous le répète donc, au cas où : vous n'êtes pas responsables des émotions des adultes autour de vous, leur déception potentielle, leur colère, leur tristesse, ne vous appartiennent pas. Les adultes sont des êtres humains capables de gérer leurs émotions.

Tout ceci va de pair avec le syndrome du sauveur ou de la sauveuse dont je suis la digne représentante. Et d’ailleurs ça ne doit pas être anodin si j’ai créé ce podcast pour aider les autres… On ne se refait pas.

Ce syndrome de la sauveuse ou du sauveur pourrie vos relations personnelles parce que vous vous sentez en mission de devoir sauver les autres au lieu de vous occuper de vous et de comprendre ce qui est ok ou non.

Avant je ressentais énormément de colère vis à vis de plein d’évènements et notamment sur la condition de la femme dans ce monde, ça me révolte toujours, mais j’ai appris que ma colère dit quelque chose de moi.

Quand on est en colère, soit on cache une autre émotion, par exemple la tristesse, soit notre barrière de protection n'a pas été respectée et ça vient mettre en jeu notre sécurité émotionnelle et affective.

Je me suis surtout rendue compte que ma colère, ressentie dans ma vie quotidienne, venait du fait que je n’avais pas créé de barrière de protection claire et précise et que j’en voulais aux autres de venir la franchir.

Sauf que la seule personne responsable de ma colère, dans ce cas précis, c’était moi.

A partir du moment où j’ai pris conscience de ça, je me suis libérée de beaucoup de frustration.

Dire non, dire je n’accepte pas, peut faire extrêmement peur. Peur parce que l’enjeu c’est de perdre le lien. En apprenant à créer des limites, naturellement certaines personnes de notre vie ne vont pas aimer et se sentir rejetées.

Le plus difficile une fois qu’on a su faire le tri dans les actions non négociables, c’est de tenir notre barrière de protection.

Quand on n’a pas l’habitude de le faire, quand on est terrifié à l’idée de dire non, on va plutôt repartir dans nos habitudes et abandonner à nouveau nos propres limites et besoins pour soulager de manière temporaire notre stress.

Apprendre à dire non et refuser tel ou tel comportement, reste une vraie compétence qui doit être répétée et mise à l’épreuve du temps.

On a aussi, souvent, tendance à dire non et expliquer par A+B notre point de vue pour justifier notre refus. Parfois ce n’est pas nécessaire d'expliquer, de justifier, ça révèle plutôt notre besoin, encore une fois, de nous défendre pour nous soulager.

Tout ce travail que j’apprends au quotidien a eu un impact dans mes relations. Je n’arrive pas toujours à le faire, mais je me sens plus moi-même. Quand je dis non je ne culpabilise plus. Je sais que je le fais pour mon bien-être. Il m’est arrivé de raccrocher en expliquant que je n’étais pas d’accord et que je ne continuerai pas la conversation parce que ça ne me convenait pas. Avant je me serais tue ou j’aurais donné beaucoup trop d'explications à pourquoi je raccroche.

Pourquoi je parle de tout ça dans la parentalité, parce que je me suis rendue compte que mes filles regardent comment j'interagis avec le monde, avec les autres adultes. Et je me suis fait la promesse de leur montrer qu’on a le droit de se choisir, qu’on a le droit de dire non et d’être en phase avec cette décision.

J’ai réalisé qu’avoir 3 filles me donnaient une grande responsabilité en tant que parent, pour ne pas qu’elles se sentent responsables de mes émotions ou d’un autre adulte de leur entourage.

Merci de m’avoir écoutée, encore une fois, si vous êtes perdue, n’hésitez pas à consulter un ou une professionnelle de santé.

Cet épisode parle de moi, dans mon contexte de vie. Je sais pertinemment que tout le monde ne peut pas se retrouver dans mon expérience, qu’il y a beaucoup de paramètres de vie, parfois dire oui c’est aussi une question de survie physique parce qu’on peut se mettre en danger sinon.

Ce sont donc des notions compliquées, mais si il faut retenir une chose, se choisir, ça reste le plus important.

A la semaine prochaine.

Prenez soin de vous !

Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Det här avsnittet är hämtat från ett öppet RSS-flöde och publiceras inte av Podme. Det kan innehålla reklam.

Avsnitt(493)

Le mouvement, ce médicament gratuit qu'on nous a volé

Le mouvement, ce médicament gratuit qu'on nous a volé

C’est le kiné le plus suivi de France sur les Réseaux sociaux, l’homme qui veut t’aider à remettre du mouvement dans ta vie et la santé au cœur des préoccupations des Français…J’ai le plaisir de recev...

23 Juni 33min

EP318 - Mon ex a kidnappé mon fils il y a 4 ans - Maud Quinault

EP318 - Mon ex a kidnappé mon fils il y a 4 ans - Maud Quinault

Le 17 avril 2022, la vie de Maud bascule. Son fils, Fahad Louis est enlevé par son ex mari. Depuis 4 ans, Maud se bat quotidiennement dans un labyrinthe de procédures judiciaires, de portes fermées et...

19 Juni 1h 24min

VINTAGE WEDNESDAY - Et si on donnait le pouvoir aux enfants - Dre Laelia Benoit

VINTAGE WEDNESDAY - Et si on donnait le pouvoir aux enfants - Dre Laelia Benoit

VINTAGE WEDNESDAY : nous vous proposons un épisode de notre immense catalogue que vous avez peut-être raté. En 2023 on continue de percevoir les enfants via notre regard d’adultes supérieur, on contin...

17 Juni 1h

EP317 - Le behind the scene de mon année. Les hauts et les bas

EP317 - Le behind the scene de mon année. Les hauts et les bas

Aujourd'hui je vous parle des coulisses de mon début d'année 2026. Entreprenariat, les doutes, les réussites. Ca a été un début d'année Rock and Roll et je vous amène avec moi.Le top 3 des épisodes de...

16 Juni 38min

EP 316 - Apprendre l'esprit critique aux enfants, Nadia Thuilliers

EP 316 - Apprendre l'esprit critique aux enfants, Nadia Thuilliers

Comment aider nos enfants à penser par eux-mêmes dans un monde où les informations sont abondantes, floues, parfois contradictoires, et où les algorithmes nous enferment de plus en plus dans des bulle...

12 Juni 1h 10min

VINTAGE WEDNESDAY - Le microbiote : le super-pouvoir caché de la santé de nos enfants - Dr Julien Scanzi

VINTAGE WEDNESDAY - Le microbiote : le super-pouvoir caché de la santé de nos enfants - Dr Julien Scanzi

Aujourd’hui on va parler microbiote et donc de caca… Un petit sujet tabou qui va vous fasciner et qui est primordial pour une vie optimale.De plus en plus, les recherches en médecine font le lien entr...

10 Juni 53min

Consentement, comment l'apprendre à nos enfants ?

Consentement, comment l'apprendre à nos enfants ?

Ceci est un extrait de l'épisode 147 avec Miriam FélixLa sexualité est omniprésente dans notre société. Pourtant, nous faisons souvent l’impasse sur cet aspect de leur éducation en nous privant d’en p...

9 Juni 14min

EP 315 - Que se cache-t-il derrière le mal-être des jeunes ? - Dr Cécile Feltin

EP 315 - Que se cache-t-il derrière le mal-être des jeunes ? - Dr Cécile Feltin

La santé mentale des jeunes se dégrade, et les chiffres sont sans appel : un adolescent sur sept présente un trouble psychique, les diagnostics ont explosé ces dix dernières années, et les hospitalisa...

5 Juni 1h 14min

Populärt inom Utbildning

historiepodden-se
rss-bara-en-till-om-missbruk-medberoende-2
det-skaver
harrisons-dramatiska-historia
sektledare
nu-blir-det-historia
rss-viktmedicinpodden
roda-vita-rosen
johannes-hansen-podcast
allt-du-velat-veta
not-fanny-anymore
i-vantan-pa-katastrofen
rss-foraldramotet-bring-lagercrantz
sa-in-i-sjalen
rss-relationsrevolutionen
rss-ar-det-rimligt
rss-sjalsligt-avkladd
rss-basta-livet
rss-max-tant-med-max-villman
rikatillsammans-om-privatekonomi-rikedom-i-livet